• Patricia RICORDEL

Relâche !


En ce 4ème Jour de RELÂCHE, comment se passe le Festival ? Est-ce que vous avez le temps de lire toutes les publications ? Avez-vous découvert des plumes ? Avez-vous voté pour votre nouvelle préférée, ou bien faites-vous comme beaucoup de lecteurs qui attendent de les avoir toutes lues avant de se prononcer ? Je vous rappelle qu'il y a des cadeaux à gagner : des livres dédicacés, des ebooks et des marque-pages. Votez ICI




En attendant la parution de la dernière nouvelle du Festival, je vous propose une réflexion de Charles Baudelaire, une petite leçon d'écriture, au sujet de cette forme littéraire peu répandue chez nous.

Voici un extrait de l'introduction écrite pour sa traduction en 1875 de l’œuvre "Nouvelles histoires extraordinaires" d'Edgar Allan Poe, une référence dans le genre.






« Parmi les domaines littéraires où l'imagination peut obtenir les plus curieux résultats, peut récolter les trésors, non pas les plus riches, les plus précieux (ceux-là appartiennent à la poésie) mais les plus nombreux et les plus variés, il en est un que Poe affectionne particulièrement, c'est la Nouvelle. Elle a sur le roman à vastes proportions cet immense avantage que sa brièveté ajoute à l'intensité de l'effet. Cette lecture, qui peut être accomplie tout d'une haleine, laisse dans l'esprit un souvenir bien plus puissant qu'une lecture brisée, interrompue souvent par les tracas des affaires et le soin des intérêts mondains. L'unité d'impression, la totalité d'effet est un avantage immense qui peut donner à ce genre de composition une supériorité tout à fait particulière, à ce point qu'une nouvelle trop courte (c'est sans doute un défaut) vaut encore mieux qu'une nouvelle trop longue. L'artiste, s'il est habile, n'accommodera pas ses pensées aux incidents; mais, ayant conçu délibérément, à loisir, un effet à produire, inventera les incidents, combinera les événements les plus propres à amener l'effet voulu. Si la première phrase n'est pas écrite en vue de préparer cette impression finale, l’œuvre est manquée dès le début. Dans la composition tout entière, il ne doit pas se glisser un seul mot qui ne soit une intention, qui ne tende, directement ou indirectement, à parfaire le dessein prémédité. »